01 janvier 2013

Replanter les consciences [Sabine Rabourdin]

 

Sabine Rabourdin retrace et analyse, dans le temps et l'espace, la rupture de l'Homme moderne avec la Nature, une rupture dont l'histoire fascinante nous apprend beaucoup sur nous-mêmes. En parallèle de cette rupture, d'autres histoires racontent une relation d'harmonie et de tradition. Ces histoires-là se redessinent aujourd hui à travers de nouvelles tendances, signes de notre époque, qui permettent d'espérer une refondation de ce lien Homme/Nature qui allierait écologie, spiritualité et décroissance. La réponse est dans un changement collectif, lui-même rendu possible par un changement individuel : c est en « se connaissant soi-même » que l'Homme pourra relever les défis écologiques de ce siècle. Il s'agit pour cela de mettre en cohérence ses idées et ses actes. Et l'auteur nous donne les clés pour y parvenir : elle décline de manière pratique philosophie, science, agriculture, sobriété, sagesse et spiritualité...
Sabine Rabourdin signe ici un ouvrage de synthèse riche de données transdisciplinaires et indispensables pour tous ceux qui sont en quête d un regard neuf.

 

  • Broché: 280 pages
  • Editeur : YVES MICHEL (3 septembre 2012)
  • Collection : Société civile
  • Langue : Français

 

Extrait de l'introduction

«Entre moi et moi-même, il y a la nature.»

Voici une science indisciplinée. Science car elle vous propose un savoir soumis à l'expérience, qui sera votre propre expérience. Indisciplinée car elle ne cherche pas à se placer dans l'une des catégories connue du savoir, mais les chevauche ensemble. Le savoir qu'elle recherche se situe à l'interface de l'histoire et de la philosophie, de l'ethnologie et des sciences cognitives, pour réunir certains des grands enjeux de notre époque : l'écologie - prise au sens large, avec son «objection de croissance»-et la spiritualité.
Car au-delà des étiquettes collées derrière ces mots, n'y-a-t-il pas unité dans cet ensemble à première vue hétéroclite ? Pour répondre à cette question, il faut déjà avoir conscience que ceux qui s'intéressent à l'un ou l'autre de ces thèmes font partie d'un véritable courant de pensée et d'action désirant un «changement de paradigme», selon les termes de l'éclaireur Edgard Morin.
Pourquoi mettre en jonction l'écologie - décroissance ou sobriété comprises - et la spiritualité» ? Je dois sans doute répondre par une digression via mon propre parcours. Dans mon apprentissage, j'ai vite été confrontée à un dilemme : entre la science et la conscience, il m'a fallu choisir. Comme si ces deux approches du réel n'étaient pas compatibles. La structure éducative et le poids social m'emportèrent vers la science de la matière, vers cette vision mathématique et physique du monde si convoitée. Mais j'ai vite reconnu que la science était limitée pour élucider le réel. Il m'a semblé que si elle décrivait bien une partie de la réalité matérielle, elle mettait de côté une autre réalité. Les démarches logique, synthétique et de libre pensée puisées dans la philosophie indienne m'ont montré qu'il était possible de dépasser cette opposition. Puis, engagée dans le milieu associatif sur les questions écologiques, j'ai constaté une autre limitation : celle de la science et de la politique pour élucider la crise écologique.
L'approche de la nature des peuples indigènes m'a aussi semblé proposer une voie fascinante et j e leur ai consacré un livre, avec une analyse rationnelle de leurs savoirs, tout en cherchant secrètement à m'imprégner personnellement de cette sagesse. Je ne crois pas y être absolument parvenue. Car des obstacles m'empêchaient de la saisir en profondeur, de la faire mienne. Il me fallait me défaire de ce qui avait conduit la société dans laquelle je vivais à se mettre autant en retrait de la nature, et donc aussi en retrait d'une forme de spiritualité qui s'incarne dans le monde. La première étape a pour moi été de saisir le long chemin historique de rupture avec la nature mené par les peuples occidentaux. C'était la première condition pour mettre le doigt sur les obstacles qui m'empêchaient d'intégrer cette vision différente.
J'ai rencontré bien des personnes cherchant leur propre voie. Beaucoup de questions se posent en effet dans cette tentative de mise en relation du spirituel et de l'écologisme. Le détachement spirituel n'implique-t-il pas paradoxalement un détachement du monde ? La philosophie, la spiritualité, peuvent-elles servir la recherche de sortie de crise écologique ? Inversement, comment cette crise écologique peut-elle s'inscrire dans la grande quête indéniablement humaine de spiritualité ?

Biographie de l'auteur

Sabine Rabourdin est ingénieure, diplômée en ethnoécologie et philosophie des sciences. Elle a publié de nombreux ouvrages de vulgarisation sur les moyens de rendre active la société devant les enjeux d'écologie locale et globale. Elle est en parallèle enseignante de yoga et trouve ici l'occasion de mettre en relation ces deux approches culturelles qui trouvent ici une relation de symbiose.

voir aussi: 20 minutes.fr

Commentaires sur Replanter les consciences [Sabine Rabourdin]

    Anthropologie, écologie, spiritualité, sagesse, sens de lavie, décroissance..."Il me fallait me défaire de ce qui avait conduit la société dans laquelle je vivais à se mettre autant en retrait de la nature, et donc aussi en retrait d'une forme de spiritualité qui s'incarne dans le monde. La première étape a pour moi été de saisir le long chemin historique de rupture avec la nature mené par les peuples occidentaux. C'était la première condition pour mettre le doigt sur les obstacles qui m'empêchaient d'intégrer cette vision différente."

    Posté par yves8, 20 juin 2014 à 11:19 | | Répondre
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