04 février 2013

Nocivité de l'activité humaine

  Puisque l'activité humaine est nocive, il faut donc réduire l'activité humaine […]

            D'abord, moins d'activité létale...

            Réduire l'influence néfaste des activités humaines, en limitant au maximum toutes les ponctions néguentropiques dans la nature. Cela implique la réduction drastique de la présence humaine dans le  monde de la vie. En clair, il s'agit d'un retrait humain., de l'abandon de toute prétention hégémonique sur la vie, sur la Terre. Il s'agit de cantonner l'homme à une petite niche humaine, au sein et à parité avec toutes les autres niches de vie. Il s'agit de considérer la Terre comme un patrimoine qui n'appartient pas à l'humanité., car c'est, au contraire, l'Humanité qui appartient à ce patrimoine. Ce n'est pas la vie qui appartient à l'Homme, mais c'est l'Homme qui appartient à la vie. Concrètement, cette première piste mène à éradiquer  systématiquement la consommation de produits « entropiques », c'est-à-dire des produits qui tuent, non pas de la vie […], mais qui tuent de la biodiversité vitale. Par exemple, il faut boycotter d'urgence tous les produits proposés par l'agriculture intensive (par ailleurs, la plus grande consommatrice d'eau et d'énergie, et la plus grande pollueuse des sols et des nappes phréatiques) et par l'industrie agroalimentaire (grande consommatrice de chimie nocive et grande pourvoyeuse d'obésité). Boycotter tous les produits plastiques qui dégradent les biomolécules précieuses pour finir en déchets non biodégradables. Boycotter toutes les productions d'énergies qui brûlent du bois. Boycotter toutes les activités qui dégradent les biotopes (les « sports » motorisés de plein air, par exemple, qui sont une calamité énergétique et écologique). Boycotter les traditions qui introduisent des monocultures nocives (par exemple, les sapins de Noël dont la culture, chaque année, acidifie des milliers d'hectares de terres cultivables) […]

            Ensuite moins d'humains...

            [...]Il faut que la population humaine mondiale revienne à un niveau supportable et soutenable à long terme.

            Enfin moins de consommation...

            […] il faut consommer mieux et boycotter tous ces produits ; parfois utiles, souvent inutiles, , mais toujours substituables, qui appauvrissent la patrimoine de la vie de la Terre. Il faut aussi consommer plus varié : en effet, en suscitant des productions de grande diversité, en refusant les standardisations industrielles, les normalisations agroalimentaires, on induit un processus qui génèrera de la biodiversité au lieu d'en détruire[...] il faut globalement pour consommer moins. Nous sommes des goinfres. Des boulimiques. L'obésité nous guette partout […] Nos sociétés d'abondance cherchent dans l'avoir (dans la consommation effrénée ce qu'elles n'ont pas dans l'être ou le devenir. Là sont nos pénurie majeures. Pénurie d'esprit face à l'être. Pénurie de projet face au devenir. L'erreur foncière de nos cultures matérialistes est d'avoir cru que l'abondance des biens suffirait à aporter le bonheur et la joie de vivre.

 

Marc Halévy, Le principe frugalité, pp. 32-34, 2010, éd. Dangles

 

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