Journal d'un écolo

25 mai 2012

Deepwater Horizon : Ethique de la nature et philosophie de la crise écologique

de Stéphane Ferret

La nature a-t-elle des droits ? Alors que les livres de scientifiques consacrés à la crise écologique foisonnent, rares sont les philosophes français qui osent affronter le sujet. Et pourtant, notre conduite vis-à-vis de la nature soulève d’authentiques questions philosophiques : les êtres naturels (les animaux, les plantes, l’eau...) ont-ils des droits ? Et si oui, ces droits renvoient-ils à des espèces ou à des individus ? Pour répondre à ces questions, Stéphane Ferret puise dans la tradition philosophique occidentale, opposant les discours anthropocentrés (le christianisme, le cartésianisme, l’humanisme) à ceux qui soit ne valorisent aucun centre soit en valorisent plusieurs (le spinozisme, le darwinisme). Nourris que nous sommes de ces traditions, quelles sont les armes dont nous disposons pour penser les droits de la nature ? Tout en soulignant les apports récents de la philosophie anglo-saxonne à ce débat, Stéphane Ferret livre une argumentation d’une remarquable clarté.

 

Ancien élève de Trinity College (Cambridge), Stéphane Ferret est docteur en philosophie de l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne et dirige une agence de conseil d’entreprise. Il est l’auteurde plusieurs ouvrages : Le Philosophe et son scalpel (Minuit, 1993), Le Bateau de Thésée (Minuit,1996), L’Identité (Flammarion, « GF Corpus »,1998), Les Humains (Flammarion, 2000), La Leçon de choses. Une initiation à la philosophie (Seuil, 2006).

 

  • roché: 324 pages
  • Editeur : Seuil; Édition : Seuil (3 février 2011)
  • Collection : L'ordre philosophique
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2021038661

Pour en savoir plus

 

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19 mai 2012

L’avenir de l’écologie avec le gouvernement Hollande

Qu’il est loin le pacte écologique de Nicolas Hulot et le concept de vice-premier ministre accepté par les  candidats à la présidentielle en 2007. Pourtant, à son arrivée à l’Elysée, Nicolas Sarkozy avait nommé Alain Juppé ministre d'Etat et numéro deux du gouvernement à la tête d'un grand ministère de l'environnement qui regroupait transports, énergie...  Un signe fort donné à l'écologie. Mais ce quinquennat s’est terminé, depuis le départ de Nathalie Kosciusko-Morizet le 22 février, sans ministre de l’écologie : symptôme clair de l’abandon de la carte écolo dans la campagne présidentielle. Même le candidat à la succession, Françoise Hollande, n’a jamais véritablement parlé d’écologie. Une fois au pouvoir, il a nommé Nicole Bricq ministre de l’écologie, à la grande surprise de l’intéressée, spécialiste des finances. Listons le positif et le négatif de ce gouvernement Hollande en matière écologique.

Le PS montre qu’il est capable de ne pas sous-traiter l’écologie à un autre parti que lui-même. La nomination d’une socialiste de toujours, Nicole Bricq, témoigne du fait que l’écologie devient une chose importante au sein du PS. Et la ministre devrait avoir plus de poids qu’un écolo installé sur un strapontin. Nicole, issue de la commission des finances du palais de Luxembourg, est aussi plus à même d’articuler les contraintes budgétaires et la politique environnementale du pays. Nicole a enfin une sensibilité écolo : conseillère technique dans le cabinet de Ségolène Royal, ministre de l’environnement en 1992-1993, elle est la seule sénatrice à rejoindre le pôle écologique lors du congrès du PS en 2008. Elle est aussi montée en première ligne sur la question des gaz et huiles de schiste.

Nicole Bricq hérite d’un périmètre assez large, « écologie, développement durable et énergie ». Il n’est pas possible d'envisager une transition écologique sans une transition énergétique réfléchie. Elle a aussi sous sa responsabilité le ministre délégué aux Transports. Il est toutefois dommage que ce périmètre élargi n'inclue pas le logement ; une "solide articulation" va être nécessaire avec la ministre en charge de l’égalité des territoires et du logement, Cécile Duflot (EELV). Preuve tangible de cette improbable géographie ministérielle, Benoist Apparu, ancien ministre délégué au logement, a dû jongler entre les deux cérémonies de passation de pouvoir des deux nouvelles ministres.

Mais la nécessaire coopération avec un membre issu directement de la mouvance écolo peut s’avérer bénéfique. Cécile Duflot est urbaniste de profession, titulaire d'un DEA de géographie, donc professionnellement préparée à sa tâche. Elle a la responsabilité d’un pôle ministériel majeur, au carrefour des crises écologiques, économiques et sociales avec des enjeux considérables pour la vie quotidienne. La transition énergétique dépend d’un plan ambitieux d’économie d'énergie et le bâti – notamment résidentiel - représente le principal gisement de ces économies. Le Président avait d’ailleurs annoncé un vaste programme de rénovation de 600 000 logements. Il est également primordial de repenser l'aménagement du territoire, pour lutter contre l’étalement urbain afin de minimiser les besoins de mobilité, pour réduire le trafic routier et la consommation de carburant.

Le négatif du gouvernement Hollande en matière d’écologie tient à une expression : le syndrome croissanciste. François base son quinquennat sur une volonté de croissance globale alors que n’importe quel écolo amateur sait de source sûre qu’une croissance dans un monde finie est impossible quand on a dépassé la capacité d’accueil de l’écosystème, situation actuelle (cf. le jour du dépassement). Il y aura un grand débat public sur l'avenir de l'énergie en France, débat promis par le candidat Hollande. Mais dans un pays dominé de longue date, par le lobby nucléaire, y compris au sein du PS, le débat ne peut que tourner court. Entre les socialistes (Nicole Bricq), pro-nucléaire, et les écologistes, antinucléaire (Cécile Duflot), le dialogue est d’avance biaisé. C’est le verrou énergétique qui brisera la croissance et le nucléaire n’est qu’un pis aller, avec de l’uranium pour seulement quelques dizaines d’année.

Le président Hollande embrigade le vert Pascal CANFIN à ses côtés en tant que Ministre délégué en charge du développement. Or il est impossible que le Sud accède au niveau de développement de notre société, la généralisation du niveau de vie français nécessitant 3 ou 4 planètes supplémentaires, ce qui est impossible. Il est vrai que Pascal, conseiller économique d'Eva Joly pendant la campagne présidentielle, avait lui aussi défendu un "projet de budget alternatif", qualifié de "New Deal écologique et social" : il est contre une politique d'austérité alors qu’il nous faudrait une politique de rigueur pour moins consommer et pour moins polluer. Pascal est proche du courant de pensée économique keynésien, favorable à une relance dont on sait historiquement qu’elle ne peut aboutir qu’à la stagflation, mélange de stagnation économique (chômage) et d’inflation.

Cerise sur le gâteau, Montebourg, habitué des journées d’été du pôle écologique du PS et chantre de la "démondialisation"  se retrouve à la tête d’un ministère improbable, pour le « redressement productif ». Il faut, dit-il, une"reconquête" des emplois industriels. Arnaud ne sait pas encore que ce sont les entreprises qui créent les emplois, pas l’Etat. La Confédération générale des PME (CGPME) s'est d’ailleurs étonnée que le "redressement productif" de la France, qui passe selon elle par celui de la balance commerciale, soit confié à Arnaud Montebourg, adepte du protectionnisme.

Enfin Stéphane Le Foll, nommé « ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire » témoigne clairement de la dérive productiviste de ce gouvernement. Car qui dit « agroalimentaire » dit agro-business. Jamais encore le mot « agroalimentaire » n’avait été utilisé pour le Ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture, de la Pêche, du Développement rural !

Il nous semble que pour l’instant le négatif l’emporte sur le positif quant au traitement de l’urgence écologique par le gouvernement Hollande. La social-démocratie croit encore que c’est la croissance économique qui pourra résoudre les problèmes sociaux. Nous espérons aux soubresauts de la planète pour faite entendre raison à ceux qui pensent que nous pouvons indéfiniment ignorer les limites de la biosphère.

 

 

Source: Biosphère

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05 mai 2012

L'effondrement du capitalisme

de François Laval

 

Le monde humain entre dans une phase de bouleversements inédits. L'homme se croit placé au foyer d'une sphère cognitive universelle. Il est temps pour lui de comprendre qu'il n'est qu'au centre de lui-même. Comment l'humanité peut-elle sortir de ce mauvais pas ? Une révolution totale et inéluctable s'approche, que nous l'acceptions ou que nous la subissions. Face à ce constat inutilité du discours des «intellectuels», incapacité des politiques, faillite de l'écologisme, le nécessaire renversement de la pensée générale, ordinaire et érudite, s'impose. Nous serons bientôt les acteurs du dernier défi de l'humanité dernier et, à la fois, le premier au caractère inédit. En effet, l'échéance sera représentée par une alternative ultime : la poursuite de la vie autrement ou les prémices d'une disparition de l'espèce humaine. Alors que les multiples tribulations historiques du monde se présentaient à l'intérieur de la réalité humaine, l'affrontement proche opposera notre réalité au réel extérieur matériel, celui qui permet la présence de la vie sur terre et dont les forces balaieront d'une pichenette l'imposture de notre condition de roi du monde. Pour chasser la peur, il faut accepter de la vivre en la tenant à distance et regarder le danger en face. Alors l'action peut s'emparer de l'esprit.

 

 

FRANÇOIS LAVAL commence des études à la Sorbonne en sciences de la Terre, tout en étant instituteur remplaçant. Bien qu opposé à la guerre d Algérie, il est incorporé dans l'armée, ce qui l'oblige à interrompre son cursus universitaire qu'il reprendra en étudiant la géophysique et la géologie. Il sera assistant à la Sorbonne et à Jussieu avant d être nommé à l université de Nice, où il soutiendra une thèse de doctorat. Il a effectué de nombreux travaux en géodynamique des marges continentales en collaboration avec d'autres chercheurs étrangers. Retraité, il se consacre à la paléoanthropologie et participe à de nombreux colloques. Il a toujours été très attentif aux problèmes de nos sociétés et aux dégâts entraînés par la consommation à outrance.

 

  • Broché: 304 pages
  • Editeur : Sang de la Terre / Médial (4 février 2012)
  • Collection : ARTICLES SANS C
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2847300082

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04 mai 2012

Merci la terre

de Alain Hervé

Nous sommes bipèdes, nous sommes mammifères, nous n'avons ni ailes, ni nageoires, nous sommes plus de sept milliards. Nous nous appelons les hommes. Nous habitons une planète que nous appelons Terre, une planète qui abrite un curieux phénomène : la vie. Une planète que nous voyons de moins en moins, enfermés que nous sommes dans nos appartements, nos villes, nos voitures, notre univers aménagé par nos techniques. Mais, de l'autre côté de la vitre de la maison humaine, la planète est là, immense, silencieuse, obéissant aux forces gigantesques qui régissent la matière dans l univers. Nous avons l'impression d être l espèce vivante la plus évoluée. Nous avons tendance à croire que la planète nous appartient. Nous allons jusqu à dire que la planète est en danger. La planète n'est pas en danger. C'est l'humanité qui s'est mise en danger. Nous traitons toutes les autres espèces vivantes et la nature elle-même comme si elles étaient notre propriété. Mais nous sommes arrivés au point où, par notre inventivité, notre industrie, par notre nombre, nous commençons de perturber le fonctionnement de la nature et de la vie. Nous le mettons en péril. Nous devons admettre que nous entrons dans l âge écologique, que nous le voulions ou pas. Depuis quarante ans, il faut constater que le seul progrès philosophique, moral, politique, social résulte de la réflexion écologique. Les vieilles étiquettes politiques deviennent secondaires. Nous sommes tous écologistes ou nous disparaîtrons

 

ALAIN HERVÉ naît en 1932, il fait des études de philosophie et de journalisme, navigue trois ans en voilier autour du monde, crée l'association des Amis de la Terre et Le Sauvage, journal écologique du Nouvel Observateur qu il mène pendant dix ans. Entre-temps, il bâtit des maisons, des bateaux, plante des palmeraies et sans arrêt écrit... Il a publié une quinzaine d ouvrages de voyages, d histoire et d histoires, de poésie, de philosophie. Il a collaboré avec La Vie, Réalités, Le Nouvel Observateur, Le Matin, Le Monde, La NRF, Grands Reportages, et en ce moment il travaille à Géo, L Écologiste, La Gazette des Jardins et avec France 3 pour des films sur les plantes

 

  • Broché: 72 pages
  • Editeur : Médial /Sang de la Terre (18 avril 2012)
  • Collection : Nature Animaux
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2847300058

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25 avril 2012

La tentation de l'île de Pâques - Piller la Planète jusqu'à l'effondrement

de Jean Aubin

 

 

Les habitants de l'île de Pâques ont ravagé leur milieu. L'épuisement des ressources a débouché sur les famines, les rivalités suicidaires, l'effondrement de la population. De leur civilisation ne restent plus que de gigantesques statues de pierre renversées. Aujourd'hui, notre île, c'est notre planète. La tentation de l'exploiter sans retenue ruinerait l'avenir humain. Aussi, nous sommes d'accord pour quelques petits gestes, baisser un peu le chauffage, éteindre la lumière en sortant, trier ledéchets... Mais pour le reste, rien à faire : il est hors de question de changer de manière de se déplacer, de se nourrir, d'acheter, de jeter... Pour que tout continue, on trouvera des solutions, la voiture propre, quelques éoliennes. Avec quelques riens, le développement sera durable... Forcément durable... On peut rêver... Ce livre présente, d'une manière abordable par tous, les technologies actuelles et en projet. Il établit le compte des ressources disponibles sur ce siècle, énergie, eau, nourriture... Celles-ci ne pourront satisfaire tous les excès et toutes les folies, mais, pour peu que soit fait le choix de la mesure et de la solidarité, elles seront suffisantes pour assurer les besoins de l'humanité. Rien n'oblige à céder à la tentation de l'île de Pâques.

 

Professeur agrégé de mathématiques, Jean Aubin enseigne en Classe Préparatoire. Pendant plusieurs années, il a été ouvrier agricole, puis agriculteur. Il a déjà publié, dans la même collection, Croissance infinie, la grande illusion.

 

  • Broché: 256 pages
  • Editeur : La maison d'éditions LME; Édition : 1re (16 septembre 2010)
  • Collection : Connaissance de causes
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2360260081

 

http://www.lamaisondeditions.fr/livre-tentation-paques.html

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21 avril 2012

Silence Mai 2012 - Se former à la non-violence

 

 

 

 http://www.revuesilence.net/ 

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17 avril 2012

Exigez !: Un désarmement nucléaire total

de Stéphane Hessel et Albert Jacquard

 

 

 

Au moment où la question du nucléaire civil devrait occuper une place de choix dans la campagne électorale, elle n'est pas vraiment débattue par les principaux candidats. Or, à celle-ci est étroitement liée la question du nucléaire militaire, qui, loin d'être une réflexion réservée aux stratèges, nous concerne tous. Stéphane Hessel et Albert Jacquard conjuguent leur voix pour lancer un appel au désarmement nucléaire total, en complément d'un état des lieux établi avec l'Observatoire des armements. Parce que l'existence de ces armes menace le destin de l'Humanité. Parce que les arsenaux du monde entier contiennent l'équivalent de 600 000 bombes de la puissance de celle d'Hiroshima. Parce que le Pakistan, Israël et la Corée du Nord détiennent ces armes dans un contexte géopolitique d'une extrême fragilité. Parce que l'avènement de l'ère nucléaire militaire, toute force de dissuasion, tout équilibre de la terreur, sont devenus de tragiques illusions. Parce qu'il n'est pas trop tard, et qu'une prise de conscience et une sensibilisation du public s'imposent.

 

Stéphane Hessel est un diplomate et militant politique français. Ancien élève de l’École normale supérieure, résistant, déporté à Buchenwald et Dora, il survit miraculeusement et entre au quai d’Orsay en 1945. Homme de gauche et européen convaincu, il est connu pour ses prises de position engagées et pour son dialogue permanent avec les jeunes générations.

Albert Jacquard, polytechnicien et généticien de formation, lutte par ses écrits et ses propos pour l’édification d’une société différente, adulte et lucide, ayant compris que la générosité n’est pas seulement une vertu mais la condition de sa survie. Il a publié entre autres Dieu ? (Stock, 2003), Tentatives de lucidité (Stock, 2004), Mon utopie (Stock, 2006) et, avec Fadela Amara, Jamais soumis, jamais soumise (Stock, 2007).

 

  • : 72 pages
  • Editeur : Stock (4 avril 2012)
  • Collection : Essais - Documents
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2234073979

 

 

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Croissance infinie : La grande illusion

de Jean Aubin

 

 

La croissance ! la croissance ! la croissance ! Chaque jour, nous entendons ce refrain, chanté sur tous les tons, entre inquiétude et espoir. Il est vrai que quand la croissance va, tout va : prospérité, excédents budgétaires, optimisme. Mais dès qu'elle fait défaut, tout va de travers : chômage, anémie des budgets, grogne et frustrations... La croissance économique, condition nécessaire à la prospérité et à la paix sociale ? Alors, vive la croissance ! Oui. Seulement, comment envisager une croissance sans fin de la consommation des ressources, sur une Terre limitée ? Tant qu'on ne saura pas répondre à cette question, le monde vivra dans l'illusion et le rêve. Et si on tarde trop à en prendre conscience, la réalité, réputée têtue, pourrait bien un jour changer ce rêve en cauchemar. Loin de cette illusion de croissance sans fin, l'avenir repose sur le respect des limites de la planète et sur le partage équitable de ses ressources. Sur ces questions, qui sont au centre des préoccupations actuelles, Jean Aubin apporte des éléments pour comprendre et se faire sa propre idée, loin des militantismes obtus et des angélismes béats.

 

Professeur agrégé de mathématiques, Jean Aubin enseigne en Classe Préparatoire. Pendant plusieurs années, il a été ouvrier agricole, puis agriculteur.

 

  • : 256 pages
  • Editeur : La maison d'éditions LME; Édition : 1re (16 mars 2010)
  • Collection : Connaissance de causes
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2360260030

 

Table des matières

LA FIN DE L'HISTOIRE ?
EFFET DE SERRE: LA SURCHAUFFE
L'EFFET NENUPHAR
LA PLANETE EN COUPE REGLEE
PLUS LOIN, PLUS VITE, MOINS CHER
LA REVOLUTION DANS L'ASSIETTE
L'AGE D'OR: HIER OU DEMAIN ?
L'ASCENSEUR SOCIAL
LA DEBACLE LIBERALE
LE DEVELOPPEMENT PEUT-IL ETRE DURABLE ?

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La nature à fleur de peau

 

Il observait la nature et se voyait lui-même. Il ne parvenait pas à se concevoir hors d'elle. Où cessait-il et où commençais le monde ? L'air de ses poumons faisait-il partie du monde ou lui appartenait-il ? Et pour combien de temps ? Les peaux mortes relevaient-elles encore de son corps ou les avait-il déjà rendu au monde environnant ? Impossible de tracer une limite. C'était une frontière fuyante, un continuum, un ensemble.

Comment pourrait-on se battre contre le monde, lui arracher quoi que ce soit, le soumettre sans se nuire à soi-même ? Impossible. Il aperçut un oiseau de proie qui tournoyait dans les airs et le sentit dans son sang. Il aperçut au loin la cime de sapins qui se balançait sous l'effet d'une bourrasque et les sentit dans son ventre. Pendant un instant magique qu'il ne devait plus oublier, il ne forma qu'un avec l'univers.

 

Andreas Eschbach, En panne sèche, pp. 648-649,2009, éd. L’Atalante

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09 avril 2012

1972-2012 : le Club de Rome confirme la date de la catastrophe

Il y a quelques semaines, le Club de Rome célébrait le quarantième anniversaire de son célèbre rapport (surnommé « Halte à la croissance ? »), dit aussi Rapport Meadows, du nom de son principal rédacteur. Ce rapport avait été présenté au public le 1er mars 1972, à partir d’une commande faite par le même Club de Rome (créé en 1968) au Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 1970.

 

 

Cette célébration a donné lieu à un symposium le 1er mars 2012, dont les conclusions sont présentées sur le site du Club de Rome. Dans le même temps, un des organisme en charge du rapport, le Smithsonian Institution, rend public une version actualisée pour 2012 du rapport de 1972. Il s’agit, en fait d’un second rapport, utilisant la même méthodologie que le premier, avec les mêmes acteurs, le Club de Rome commanditaire et le MIT exécutant. Les instruments d'analyse ont cependant été modernisés, pour tenir compte des importants progrès accomplis dans les méthodes d'observation et de prévision.

Le point essentiel, que tous les gouvernements, que toutes les entreprises, tout les média auraient du noter, est que le rapport de 2012 confirme celui de 1972. Celui-ci donnait soixante ans au système économique mondial pour s'effondrer, confronté à la diminution des ressources et à la dégradation de l’environnement. La situation est confirmée par la formule du Smithsonian Magazine, « The world is on track for disaster… », autrement dit, “tout se déroule comme prévu pour que survienne le désastre”.

Ce désastre, comme le résume le physicien australien Graham Turner, qui a succédé à Dennis Meadows comme rédacteur coordonnateur, découlera du fait que, si l'humanité continue à consommer plus que la nature ne peut produire, un effondrement économique se traduisant pas une baisse massive de la population se produira aux alentours de 2030.

Le désastre n'est donc plus loin de nous, mais tout proche. 2020 est d'ailleurs considéré par certains experts comme une date plus probable. L'effondrement pourrait se produire bien avant 2030. Autrement dit tous les projets envisagés pour le moyen terme de 10 ans seraient impactés, voire rendus inopérants. Les rapporteurs font cependant preuve d'optimisme, en écrivant que si des mesures radicales étaient prises pour réformer le Système, la date buttoir pourrait être repoussée.

Rien ne sera fait

Mais nous devons pour notre part considérer, y compris en ce qui concerne nos propres projets, collectifs ou individuels, qu'aucune de ces mesures radicales ne seront prises. Le système économico-politique, selon nous, ne peut se réformer. Ce sont en effet les décisions des gouvernements, des entreprises et des médias qui convergent pour que tout continue comme avant, business as usual, ceci jusqu'au désastre. Une petite preuve peut en être fournie par le fait que pratiquement aucune publicité n'a été donnée par aucun des acteurs que nous venons d'énumérer à la publication de cette seconde version du Rapport.

Insistons sur le fait que ce n'est pas seulement le réchauffement global qui est incriminé par les rapporteurs, mais plus généralement l’épuisement des ressources et, au-delà, d’une façon plus générale, le saccage catastrophique de l’environnement sous toutes ses formes, autrement dit “la destruction du monde”. Pour l'empêcher, il ne faudrait pas seulement réduire notre production de gaz à effets de serre, mais s'imposer une décroissance radicale, à commencer par celle qui devrait être mise en oeuvre dans les pays riches, qui sont les plus consommateurs et les plus destructeurs.

Vains espoirs. Il suffit de voir comment, lors des élections françaises de cette année, la question a été évacuée des enjeux politiques. Dans le même temps, on envisage sérieusement de relancer la recherche des gaz de schistes et d'entreprendre des forages profonds en Méditerranée...Petit exemple, car des mesures autrement plus dangereuses se préparent en Arctique et ailleurs.

Les opinions publiques se rassureront en faisant valoir que si ce nouveau rapport n'est pas discuté, si des milliers d' « experts » de tous ordres ne le mentionnent pas, c'est parce qu'il est le produit d'un étroit groupe de pression comptant sur le catastrophisme pour prospérer.

Nous pensons pour notre part que certains décideurs, discrets mais influents, prennent au contraire ces prévisions très au sérieux et se préparent, évidemment par la force, à protéger leurs avantages face à la révolte des milliards d'humains qui seront touchés par le futur effondrement.

Sources

plantri.gif Nouveau rapport du Club de Rome http://www.clubofrome.org/?p=3392
plantri.gif Article du Smithsonian Magazine http://www.smithsonianmag.com/science-nature/Looking-Back-on-the-Limits-of-Growth.html#ixzz1rEEVUFqq
plantri.gif Rapport du Club de Rome 1972. Halte à la croissance http://fr.wikipedia.org/wiki/Halte_%C3%A0_la_croissance_%3F



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