19 janvier 2013

La mauvaise herbe

Pour l’agriculteur, le jardinier, l’employé du service espaces verts des municipalités, la mauvaise herbe est l’ennemi à éradiquer. Double stigmate : la pante n’est plus qu’une herbe, et en plus, elle est mauvaise. Est mauvaise « l’herbe » que l’on ne veut pas cultiver et voir, et qui s’est installée sans y avoir été invitée, à la façon d’un squatter : c’est le bleuet et le chardon pour le cultivateur, le trèfle et le chiendent pour l’amateur de pelouse. Or la lutte sans merci contre les plantes sauvages contribue à l’érosion de la biodiversité. Ces plantes en qui l’on voit des maladies de la terre ont une fonction écologique importante, la colonisation des espaces vierges. De plus, elles constituent une nourriture de prédilection pour les insectes butineurs, et elles sont des éléments clés pour les équilibres biologiques. [...]

Pour l’homme postmoderne, la terre est sale, elle ne peut être que boueuse, lorsqu’elle est mouillée, et poussiéreuse, lorsqu’elle est sèche. Les villes d’aujourd’hui effacent systématiquement la présence de cette saleté.

 

Christian Godin, La haine de la nature, pp. 37-38, Champ Vallon, 2012.

 

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